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Monday, February 15 2010

#29. Heureusement pour elle, l'air est plus sec de ce côté du Rhône.

Photo0313.jpg

À la veille de son voyage, elle a l'air sévère. La bouche pincée. Il dira qu'elle ressemble à sa mère.

Ils ne s'attarderont pas plus d'une soirée, elle est pressée. Mieux vaut en finir vite avec ce froid. Et puis, que pourrait-elle dire de plus ?
Ils partiront tôt au matin car la route sera longue. Il a neigé toute la nuit, alors il faut gratter le pare-brise et taper un peu ses pieds l'un contre l'autre avant de s'embarquer.

Ils arrivent à l'heure pour le départ. Presque assez de temps pour boire un café, fumer une dernière cigarette, retourner dans ce troquet au fond de la petite rue, tu te rappelles ?
Mais non, elle est pressée. Alors ils se dépêchent, se retrouvent à peine, sortent quelques mots, de vieilles histoires, un vague souvenir, avalent les derniers kilomètres et préfèrent enfin se taire.

À bon port, arrivée et au-revoir encore. Ils tardent un peu alors elle abrège. Vous pouvez partir maintenant, me laisser là, entre les arbres, c'est parfait, je vais me débrouiller et encore merci de m'avoir accompagnée.

Il le faut, ils repartent. Ils se retourneront. Elle sera déjà partie.


Mirepoix-Barbentane, 12 février 2010

Wednesday, January 13 2010

#28. script

6H15
Jusque-là, tout va bien. Ma nuit se poursuit sans encombre. Je suis loin et je suis bien, rêve serein, accompagnée d'un chat qui marche tranquillement à mes côtés, j'avance, l'horizon est dégagé.

6H20
Du remue-ménage au pays des songes, l'image se brouille, quelqu'un crie dans l'arrière-fond.

6H21
Le cri se précise, s'avance au premier plan.

6H22
Jetée sans ménagement hors du rêve. Plus de chat, plus d'horizon, seul le cri prégnant dans la cage d'escalier.

6H23
Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!

Une voix de femme. Elle est désormais sur le palier, devant ma porte. J'émerge, l'angoisse me prend.

Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!

Rapide reconnexion des neurones et évaluation de la situation, je suis dans mon lit, oui, ça d'accord, il fait nuit, OK, la femme continue à crier, qu'est-ce que je fais ?

Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!! Il me menace, il sait que j'ai pas de papiers, monsieur s'il vous plait aidez-moi, je ne me rappelle de rien, il m'empêche de manger, j'ai plus de papiers, il le sait, il m'empêche de sortir, s'il vous plait, aidez-moi, je n'en peux plus, il m'empêche de manger, j'ai reçu un message, aidez-moi, j'ai reçu un message, j'ai peur, s'il vous plait, il m'empêche de sortir, j'ai peur, je n'en peux plus...

6H25
Je suis toujours allongée. Je n'ose pas bouger. La femme semble seule, j'en ai conclu qu'elle n'est pas en train de se faire agresser. Aucune idée de l'heure qu'il est. La voix se calme un peu puis se tait. Silence de plomb. Le voisin de droite se retourne dans son lit. Ça tourne à 150 mille dans ma tête. Qu'est-ce que je fais ? Je me lève ? J'ouvre la porte ? Je vais voir ? J'appelle les keufs ? Je n'ose pas bouger. Le silence est menaçant. Il s'installe.

6H30
Les yeux ouverts dans le noir. Silence toujours. Je tends la main vers mon portable. Il doit être 4H, 4H30 peut-être. 6H30 sur l'écran digital. Dans une demie-heure, mon réveil va sonner.

6H31
Du mouvement dans l'escalier. Une voix d'homme, fluette, chuchottée.

Allez, viens, rentre, viens maintenant.

La voix reprend de plus belle derrière la porte.

Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!! Il me menace, il sait que j'ai pas de papiers, monsieur s'il vous plait aidez-moi, je ne me rappelle de rien, il m'empêche de manger, j'ai plus de papiers, il le sait, il m'empêche de sortir, s'il vous plait, aidez-moi, je n'en peux plus, il m'empêche de manger, j'ai reçu un message, aidez-moi, j'ai reçu un message, j'ai peur, s'il vous plait, il m'empêche de sortir, j'ai peur, je n'en peux plus...

Du mouvement encore, une lutte peut-être, la voix crie, hurle, transperce tout.

Je suis tétanisée, clouée, incapable de ne rien faire, à 150 mille. J'ai peur.

6H33
La voix se calme à nouveau. Un autre voisin, celui d'en face, a ouvert sa porte. Il dit que si ça continue, il va appeler les flics. La femme répond, que oui, qu'il les appelle les flics, elle va tout leur raconter. La porte se referme.

6H37
Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!! Il me menace, il sait que j'ai pas de papiers, monsieur s'il vous plait aidez-moi, je ne me rappelle de rien, il m'empêche de manger, j'ai plus de papiers, il le sait, il m'empêche de sortir, s'il vous plait, aidez-moi, je n'en peux plus, il m'empêche de manger, j'ai reçu un message, aidez-moi, j'ai reçu un message, j'ai peur, s'il vous plait, il m'empêche de sortir, j'ai peur, je n'en peux plus...

6H39
Allez, viens, rentre, viens maintenant

6H40
Laisse-moi, je vais tout leur dire, ils vont savoir ce que tu me fais. Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!! Il me menace, il sait que j'ai pas de papiers, monsieur s'il vous plait aidez-moi, je ne me rappelle de rien, il m'empêche de manger, j'ai plus de papiers, il le sait, il m'empêche de sortir, s'il vous plait, aidez-moi, je n'en peux plus, il m'empêche de manger, j'ai reçu un message, aidez-moi, j'ai reçu un message, j'ai peur, s'il vous plait, il m'empêche de sortir, j'ai peur, je n'en peux plus...

6H45
Pas bougé. Peur. Je m'en veux. Il faudrait réagir, se lever, ouvrir la porte, dire que si ça continue je ferai quelque chose, appeler les keufs, pour leur dire que la femme crie, qu'elle est menacée, qu'elle a peur, que moi aussi j'ai peur, que si ça continue...

J'éteins mon réveil. C'est tout ce que je fais. Le voisin de droite se retourne dans son lit. Je m'en veux, mais j'ai peur, je ne peux rien, à 150 mille.

6H46
Laisse-moi, je vais tout leur dire, ils vont savoir ce que tu me fais. Aidez-moi, aidez-moi, s'il vous plait, aidez-moi !!!!! Il me menace, il sait que j'ai pas de papiers, monsieur s'il vous plait aidez-moi, je ne me rappelle de rien, il m'empêche de manger, j'ai plus de papiers, il le sait, il m'empêche de sortir, s'il vous plait, aidez-moi, je n'en peux plus, il m'empêche de manger, j'ai reçu un message, aidez-moi, j'ai reçu un message, j'ai peur, s'il vous plait, il m'empêche de sortir, j'ai peur, je n'en peux plus...

6H47
La femme crie toujours, mais désormais, dans un téléphone. Qui le lui a tendu, je n'en sais rien, la voix fluette, le voisin d'en face qui aurait réouvert la porte, je ne sais pas. A l'autre bout du fil, une autre voix de femme, que j'entends distinctement grâce du haut-parleur.

Oui, il me menace, il m'empêche de manger, il m'empêche de sortir, oui, il sait que je n'ai plus de papiers, oui, oui, mais j'ai reçu un message, oui, venez, oui, au 79 rue belliard, oui, oui, venez, j'ai peur...

6H55
La femme parle. Au moins, elle ne crie plus. Elle s'adresse au mur ou à la voix fluette, aucune importance, elle parle, les mêmes mots, répétés à l'infini.

6H56
Bruit de sonnette. La voix fluette répond.

Oui au 3e.

Gros pas dans l'escalier. Les flics arrivent, quatre, cinq peut-être.

6H57
voix d'homme : "Madame, bonjour... oula, qu'est-ce que c'est que ce bordel, lâchez ça tout de suite Madame !"

bruit de lame sur le parquet

même voix d'homme : Alors, Madame, qu'est-ce qui se passe ?

Il me menace, il m'empêche de manger, il m'empêche de sortir, il sait que je n'ai plus de papiers, mais j'ai reçu un message, aidez-moi...

Les négociations s'engagent. Une voix de femme-flic, un peu autoritaire, ordonne à la femme de venir avec elle, pour discuter. La femme ne veux pas. Les questions s'enchainent, à la femme, puis à la voix fluette, qui coopère sans discuter. La femme, elle, ne répond pas, ou répond à côté, elle a peur, il la menace, l'empêche de manger, plus de papiers, tout oublié, mais un message, oui un message. Le flic s'énerve.

Madame, vous ne m'écoutez pas, vous habitez là habituellement ?

Il me menace, il m'empêche de manger, il m'empêche de sortir, il sait que je n'ai plus de papiers, mais j'ai reçu un message, aidez-moi...

Où habitez-vous ?

Il me menace, il m'empêche de manger, il m'empêche de sortir, il sait que je n'ai plus de papiers, mais j'ai reçu un message, aidez-moi...

Qui est cette personne pour vous ?

Soit disant un ami, mais, il me menace, il m'empêche de manger, il m'empêche de sortir, il sait que je n'ai plus de papiers, mais j'ai reçu un message, aidez-moi...

Le flic s'impatiente.

Bon, on l'emmène à l'hôpital Bichat. Tu lui mets les pinces, et on l'emmène à Bichat.

La femme a entendu. Elle ne veut pas. La scène s'agite.

Oula, Madame, lâchez ça.

Autre bruit de lame sur le parquet.

7H03
Tout va vite. C'est décidé, on l'emmène.

Madame, on vous emmène à l'hôpital, ça va aller maintenant. On vous emmène Madame, vous allez voir un médecin, ça va aller.

La femme résiste, crie encore, une dernière fois, sa voix s'étouffe alors qu'on l'emporte, lui fait descendre l'escalier. La porte, en bas, se referme.

7H06
Le silence est revenu. Le voisin de droite se retourne dans son lit. Je n'ai pas bougé.

Monday, January 11 2010

matière à penser#3

"LA NARRATRICE : Et la question de l'identité ?
VALÉRIE : La non-identification est la solution. Les femmes non-féminines, les lesbiennes non-lesbiennes, un prolétariat non prolétaire. Les pivoines sentent comme les magnolias. Les chiens sentent comme les chiens. Et les jardins sentent de différentes façons aux différentes saisons de l'année. Et il n'y a pas d'identités données, il n'y a pas de femmes, il n'y a pas d'hommes, il n'y a pas de filles, il n'y a pas de garçons. Il n'y a qu'un petit théâtre de marionnettes. Une pièce merdique qui dure une putain d'éternité et qui a un manuscrit merdique."

La faculté des rêves, Sara Stridsberg

Monday, November 23 2009

note7

"Etre automatique est un désastre pour le cerveau."

Heimo Zobernig

Saturday, October 31 2009

love will tear us apart, again

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Sunday, October 25 2009

du côté des pirates…

"(...) rester de l'ordre de l'utopie - utopie entendue comme une forme d'idéal qui contient en lui-même sa défaite, dès lors qu'il prétend devenir un système. Il n'y a pour moi d'utopie que désespérée qui ne cherche pas une réalisation effective et globale mais reste de l'ordre de l'expérimentation, à une échelle locale, voire individuelle. C'est une vision du monde qui tend vers un absolu sans pour autant jamais considérer que la fin justifie les moyens."

Emmanuelle Gall, in Allotopies - Copyleft, éditions Incertain Sens

Saturday, October 10 2009

note6

autoroute

Thursday, September 17 2009

matière à penser#2

"Le couple est comme le dernier échelon de la grande débâcle sociale. C’est l’oasis au milieu du désert humain. On vient y chercher sous les auspices de l’«intime» tout ce qui a si évidemment déserté les rapports sociaux contemporains: la chaleur, la simplicité, la vérité, une vie sans théâtre ni spectateur. Mais passé l'étourdissement amoureux, l'"intimité" tombe sa défroque: elle est elle-même une invention sociale, elle parle le langage des journaux féminins et de la psychologie, elle est comme le reste blindée de stratégies jusqu'à l'écoeurement. Il n’y a pas là plus de vérité qu’ailleurs, là aussi dominent le mensonge et les lois de l'étrangeté. Et lorsque, par fortune, on l’y trouve, cette vérité, elle appelle un partage qui dément la forme même du couple. Ce par quoi des êtres s’aiment est aussi bien ce qui les rend aimables, et ruine l’utopie de l’autisme à deux."

Comité invisible, L'insurrection qui vient, 2009

Wednesday, September 16 2009

matière à penser#1

"«JE SUIS CE QUE JE SUIS.» Mon corps m’appartient. Je suis moi, toi t’es toi, et ça va mal.
Personnalisation de masse. Individualisation de toutes les conditions – de vie, de travail, de malheur. Schizophrénie diffuse. Dépression rampante. Atomisation en fines particules paranoïaques. Hystérisation du contact. Plus je veux être Moi, plus j’ai le sentiment d’un vide. Plus je m’exprime, plus je me taris. Plus je me cours après, plus je suis fatiguée. Je tiens, tu tiens, nous tenons notre Moi comme un guichet fastidieux. Nous sommes devenus les représentants de nous-mêmes – cet étrange commerce, les garants d’une personnalisation qui a tout l’air, à la fin, d’une amputation. Nous assurons jusqu’à la ruine avec une maladresse plus ou moins déguisée.

En attendant, je gère. La quête de soi, mon blog, mon appart, les dernières conneries à la mode, les histoires de couple, de cul... ce qu’il faut de prothèses pour faire tenir un Moi! Si «la société» n’était pas devenue cette abstraction définitive, elle désignerait l’ensemble des béquilles existentielles que l’on me tend pour me permettre de me traîner encore, l’ensemble des dépendances que j’ai contractées pour prix de mon identité. (...)"

Comité invisible, L'insurrection qui vient, 2009.

Thursday, September 10 2009

note5

"Je buvais pour noyer ma peine, mais cette garce a appris à nager."

Frida Kahlo, lettre à Ella Wolfe, mercredi 13, 1938

Monday, September 7 2009

note d'intention

"Pour être libre, il suffit de l'être, sans en demander l'autorisation à personne. Il faut se faire une hypothèse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre, ni céder aux circonstances. Une telle liberté exige de l'homme de véritables ressources intérieures, un niveau élevé de conscience individuelle, et le sens de la responsabilité devant lui-même et par là devant les autres.
La tragédie est hélas que nous ne savons pas être libres. Nous réclamons une liberté qui doit coûter à l'autre sans rien lui abandonner en échange, voyant déjà là comme une entrave à nos libertés et à nos droits individuels. Nous sommes tous caractérisés aujourd'hui par un extraordinaire égoïsme. Or ce n'est pas cela la liberté. La liberté signifie plutôt apprendre à ne rien demander à la vie ni à ceux qui nous entourent, à être exigent envers soi-même et généreux envers les autres. La liberté est dans le sacrifice au nom de l'amour."

Andrei Tarkovski, Le temps scellé

Tuesday, September 1 2009

sans gps

sansgps

Sunday, August 30 2009

#27. not expecting

Me suis replongée dans de vieux carnets ce soir. Comme parfois, aux moments transitoires. L'écriture joue au moins son rôle de trace, de mémoire, et dans ce cas précis, il ne faut peut-être pas lui demander autre chose que cela. J'ai refait, avec toute la distance de ces deux années écoulées, le chemin des remous affectifs, des faux espoirs, des illusions voulues, des acharnements contre le mur, de la chute.

Sur l'avortement, rien. Quelques mots, illisibles parce que griffonnés de travers, trop serrés, emboutis. Rien à lire, comme s'il n'y avait eu rien à dire. Parce que tout "s'était bien passé" et très vite. Parce qu'il n'y avait pas à se plaindre au fond. Un rendez-vous rapide chez un médecin du 13e, au pied d'une tour, un matin de mai, deux pilules à prendre chez soi le lendemain. Le tour était joué et la vie pouvait continuer, identique à ce qu'elle avait toujours été.
Rien à lire donc.
Pourtant, de ces deux années, ce fut le plus important. Bien plus que de savoir s'il fallait que je me taise ou que je parle pour lui plaire encore, pour qu'il reste, pour qu'il en finisse de désirer ailleurs. Le plus important a bien été l'absent. Le non-venu. Et des mois après, me demander au détour d'un rayon de surgelés quel âge ille aurait, et de quoi ma vie serait faite, comment on aurait fait.

Que l'on s'entende bien, je n'ai pas de regrets. S'il fallait le refaire, je le referais. Et sans hésiter.

Mais il est vrai que cette "expérience" a ébranlée des certitudes auxquelles je m'accrochais farouchement, comme ce "jamais d'enfants" que je brandissais entre autres bannières, parce qu'il était gage de ma sacro-sainte liberté. Peut-être parce que cette "expérience" a introduit une dimension physique, corporelle, à ce qui n'était jusqu'alors pour moi que de l'ordre de l'idée. Peut-être parce qu'il est d'usage qu'à l'échographie, le médecin montre à sa patiente l'avant et l'après. Peut-être parce que le vide, soudain, sur cette vignette floue où l'on ne distingue presque rien, ce vide fait peur, parce qu'il se fait miroir d'un autre vide qu'on se trimballe de manière récurrente, un vide de sens dans ce monde mondialisé. Comme si remplir son ventre d'une vie à venir allait résoudre la question, combler le vide, donner un sens. Certains disent que oui, d'autres que non. Il y a toujours eu deux écoles.

Quoiqu'il en soit, cette semaine, sur la route de Caen, j'ai entraperçu l'histoire d'une grande famille. Et à les voir, je veux bien croire qu'à un moment, le bonheur puisse résider dans des rires d'enfants.

Monday, August 24 2009

#26. si vous saviez comme je vous aime, vous en pleureriez de joie

in vino veritas - no pending request

non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non oui non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non

Tuesday, August 18 2009

#25. soleil trompeur sur carte postale

Les pieds dans l'eau, c'est mieux que la gueule sous la flotte, indeed. En bretagne, les deux pour le même prix. En prime, le malin plaisir d'échapper à la canicule qui s'étale sur les cartes de météo france tous les soirs à 20h.

Sur le quai du retour, une certitude, paris ne m'a pas manqué.

Partie en vacances comme on part à la retraite, avec pour seul impératif d'accueillir le lendemain comme la veille, de remplir les jours d'infimes petits riens, de très légers déplacements, de redondant. Et toute latitude pour dormir un peu dans le jardin l'après-midi. Un programme d'octogénaire, réglé, précis et répété à loisir. Rien de grand. Rien de très exaltant. Pas de surprise et peu d'imprévu. Un vrai bonheur.

Avec mes grands-parents, l'impression d'avoir 15 ans. Ou 5 peut-être. Autour de la table, les vieilles histoires se racontent à n'en plus finir. Le passé s'étale, se répand, se retire et revient.

Et l'enfance meurt là.

Alors avec des frissons adolescents, la retraite buissonnière, la route la nuit, de l'amour, en transit, dans une chambre qui sent la poussière - entre eux deux, tout ce dont il ne se souviendra pas - des marques dans le cou au petit matin et un vague à l'âme passager, qui passera bien demain.

cartepostale

Monday, August 17 2009

in bed with Mrs Dalloway

"Et c'est ainsi que par un jour d'été les vagues se rassemblent, basculent, et retombent ; se rassemblent et retombent ; et le monde entier semble dire : "Et voilà tout", avec une force sans cesse accrue, jusqu'au moment où le coeur lui-même, lové dans le corps allongé au soleil sur la plage, finit par dire lui aussi : "Et voilà tout"."

Virginia Woolf

Monday, July 27 2009

sont "Sans Titre"

Je savais,
qu'il est là, encore, avec ses chemises dans le placard, ses livres, et on ne peut rien toucher.
"ça m'agace

"une rechute n'est jamais impossible"
tu reviens, j'annule tout"
Un "coup de boule" à la Zidane ne suffira donc pas.

Drôle d'ambiance.
lourd, le coeur aussi.
analgésique
Comme de la viande.

"Je me sens comme un chanteur de country".

il va pleuvoir ou pas, demain.

Comment en est-on arrivé là ?
sorte de conte de fée rock'n'roll
pas duré longtemps

sur le bout de l'oreille
sous le menton
du vide interstellaire

sanglots longs, quel coït
On l'oublie trop souvent.

relève de la méthode Coué
"avec des couteaux et de l'huile bouillante"
plus de vie commune. Jamais.
à la poubelle.
et cetera.

Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux.

Mais quoi par exemple ?
Danser dans une robe longue ?
comme les filles
Elle promet : "Bientôt". Elle apprend

Et d'interroger du bord de la route : où est la ligne blanche du droit à l'erreur ?"

Pourquoi hésiter à dire d'un homme qu'on l'a aimé ?

Tenez, l'autre jour
Je l'ai trouvé beau, au début,
de l'échine à la queue.

Seul bémol
(il ne sait pas nager
Pourquoi lui et pas le reblochon

pour les ivresses tout à fait terrestres
"Dois-je enlever mes vêtements ?"
"A cette idée, mon arrière-grand-mère aurait sauté en l'air !"

entre piscine et barbecue
en fumant et en buvant du rouge limé
jouent au jeu des "si".

Shéhérazade, Mireille Mathieu...
mangeuse de frites dans un film de Godard
A mon avis, non
Ce sera Barbarella.

son ventre n'est plus vraiment plat.
consolation : je fais vingt ans de moins que mon âge...
pas encore question d'aérobic.
des céréales et un yaourt.

Mais le temps passe,
A 30 ans, adieu la littérature
(oui, mais laquelle ?)
une existence paisible. Quoique.

Ce serait trop.
sous les fondations. Là depuis bien longtemps
une sorte d'anarchisme

accepter de se perdre
("Marcheur, il n'y a pas de chemin, / Le chemin se construit en marchant").
mieux vaut n'avoir qu'un demi-pas d'avance,

"c'est peut-être l'avenir".

lâche : "par là ! "

Friday, June 26 2009

from the hollow coast, suite

mur rose
cergy, mai 2009

Friday, May 22 2009

pendu

pendu
cergy, avril 2009

Tuesday, September 9 2008

note4

"Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l'oubli."

Norman Speer

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