Comment écrire en une ligne, ou en trente, ce qu'on voudrait dire en une ligne, mais quon pense en cent
vouloir pouvoir
si
comme à l'école, faire un résumé ?
c'est à dire homologuer la chose selon son intellect à soi et celui présumé des autres, tout cadrer, digérer, et repartir « heureux » - c'est-à-dire selon le cas moyen, la normale morne, « rassuré » ?
alors, oui, un peu déstabilisé par toute cette honnêteté, ce déballage pas déballé, cette pudeur impudique etc.
et puis cette vérité que tu recherches, et que tu connais déjà mais qui ne te satisfait pas
un jour, peut-être, savoir s'en contenter?
pas de leçon à donner
je digère encore
tu vis à léchelle humaine
je voudrais dire, et puis comme souvent dès que je veux dire je me dis que quand je dis je perds ce que je dis,
et je me suis promis, à chaque fois que j'ai envie de dire, de parler, je me suis promis de me taire, avec tout le monde sauf une personne, qui m'a choisi
avec les autres ça a presque toujours été une erreur
les autres, celles qu'on se choisit par hasard, brusque élan, autant dire besoin immédiat et donc illusion forcée, acceptée et voulue, etc., comme telle
sur le moment, oui, on a l'impression de vivre un de ces grands moments de vérité, d'échange avec un grand E et son accent qu'on ne sait pas où le mettre tellement c'est une majuscule et quelle s'en passe
sur le moment, oui
on en a besoin
on reconnaît lautre en soi, comme lautre nous reconnaît en lui etc.
mais, à y regarder, combien en a-t-on vécu, de ces moments ?
et qu'est-ce qu'il en reste, finalement ?
Alors, oui, oui, un jour, devenir grand, et cesser d'être dupe, dupe de soi-même, au fond ?
de ses propres idéaux, envies, besoins, ces mécanismes emprunts de frustrations passées et qu'on croit pouvoir, parfois, enfin vaincre, prendre sa revanche, et obtenir ce quon ne pensait plus pouvoir obtenir ?
il faut être prudent, oui etc.
et fataliste, alors ?
accepter limpossibilité ou linutilité de communiquer avec ses propres semblables ?
au fond quest-ce quon recherche ? être vraiment aimé, ou saimer vraiment soi-même ? être accepté des autres pour pouvoir les accepter, être reconnu ? cest de lorgueil, alors, du nombrilisme, ou de lhumanisme et de la sincérité ? on tombe vite à droite ou à gauche, on est toujours à un cheveu de trébucher, même en essayant de bien faire, mais à force on se rend compte que cest pas si grave, les fossés, plus on en a connu moins on les craint, et plus on les évite, et surtout, moins longtemps ils nous freinent
ne jamais traîner sur une erreur, cest de la masturbation noire
on ne dépasse les choses qu'en les acceptant, en acceptant la blessure comme irrémédiable, en cessant, enfin, de courir après le passé
cest vrai que cest beau, sur le moment, les rencontres
Sur le moment, oui, c'est l'ivresse
enfin crever cette Solitude
c'est l'ivresse de ce possible auquel on veut croire : oui, il est possible de communiquer avec un autre être humain de façon honnête, ouverte, sans complaisance ni pour l'un ni pour l'autre, mais avec une infinie bienveillance, une totale confiance, une immense tendresse, juste pour le moment présent, sans ces codes sociaux culturels etc. de camouflages inouïs, pesants, épuisants, inutiles et pourtant tellement omniprésents etc.
Bref.
Toutes ces questions qu'évidemment quand on est honnête on se pose, parce qu'il faut bien passer par ces années d'exorcisme, presque, d'exorcisme des horreurs sociales et culturelles qui nous ont fait devenir ce machin humain qu'on fuit, qu'on hait, qu'on défend d'autant plus que les autres, pareils que nous tellement on les comprend, pourraient nous voir et nous attaquer, aussi, nous vendre etc.
Attaque, défenses, rôles sociaux etc.
Codes.
Se désincarner de l'apparente incarnation de toutes ces idées morales et extérieures, conditionnements etc. dans un corps qui au fond sait très bien sen passer
Se désincarner c'est-à-dire en le dépassant, sans le renier etc.
je mets etc. pour toutes les notions dont je subodore sans peine que nous les partageons et qu'elles recouvrent grosso modo la même grande panelle avariée de mots et concepts sur lesquels on pourrait, si on était philosophes et moins pragmatistes, passer des vies en définitions exactes et controverses
Donc..
Alors..
je t'imite, et je me perds un peu,
tu as la même manière très familière et que je reconnais, que j'ai connue, de se connaître, de sexplorer, s'exprimer à l'extérieur de soi pour se désincarner, exorciser ce corps qui ne nous a rien fait, mais qui héberge toute ces souffrances inutiles qu'on a créées malgré soi en s'imprégnant de tout ce qui entoure
la nature de lhomme cest lappropriation par limitation etc.
pour le meilleur et le pire, quand le système qui nous entoure est aussi barbare que le pire de ce que nous abritons en nous-même
Bref, la quête, oui, enfin devenir.
Sur ce chemin-là on croise des gens.
Avec qui on s'entend, on se comprend, oui, et c'est beau, entre tous ces pavés de solitude, de partager un moment
On sait que ça ne dure pas longtemps, mais à chaque fois, moi, je me laissais prendre, parce que ça fait du bien, et c'est un bien que je ne renie pas, même si toutes ces rencontres finissent jusqu'à présent, toujours, en eau de boudin, impasse de perte de vue subie, même pas révoltante, acceptée avec tendresse à chaque fois pour une personne qui nous a ému et à qui on a donné tout ce qu'on était, tout ce qu'on pensait, une, ou quelques fois
Bref, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu envie de partager cela
et puis voilà
te voilà
jai un peu envie de tendre la main, simplement, et en même temps...
Je ne suis même pas sûr que tu seras réceptive
Enfin..
C'est gratuit, cela dit
j'aimerais etc.
j'aimerais que tu me connaisses et que nous partagions un de ces moments où tout est évident, plus rien nest grave,
et où tu te sentirais moins seule, acceptée et comprise et appréciée
je sais que ce serait possible
quon se rencontre et quon dise, soulagés : OK, bas les masques !
je crois en même temps que le fait de técrire rendra cela impossible
donc peut-être que je fais exprès pour que ça narrive pas,
parce que ça nirait peut-être encore pas très loin
que je serais un peu déçu etc.
parce que ça irait peut-être trop loin,
et que je suis déjà engagé et que je ne saurais pas le gérer
je sais quen me voyant tu aurais confiance
enfin je crois
jen suis à peu près sûr
parce que je ne triche pas et quon voit clair en moi quand on veut
et jaimerais quon se rencontre, et que tu saches que tout ce que je donne est gratuit, sans avoir à le prouver pendant cinq ans de bons et loyaux services
et que je le sais parce que ça m'a blessé quand je croyais que ça l'était mais que ça ne l'était pas
maintenant que ça ne me blesse plus de ne rien recevoir, je sais que ça devient enfin, un peu généreux
Je deviens, enfin, un peu généreux.
C'est à dire que je n'ai plus seulement envie de l'être, mais que j'arrive à être suffisamment heureux pour ne rien attendre des autres
En même temps je m'en éloigne, avec fatalisme
Je ne trouve personne avec qui construire, le groupe est inévitable et désespérant
Tout ce que tu décris et partage, je lai en partie vécu, à ma façon, disons que la dynamique et létat en résultant me sont familiers
j'aurais certainement pu le vivre, aussi, femme ou homme ça fait quelques temps maintenant que je ne fais plus trop de différence, intellectuelle du moins, je crois comprendre aussi bien, ou aussi mal mais autant, les unes que les autres, tout en préférant, légèrement, relativement, le modèle socio-culturel des unes, à celui, agressif et simulant, des autres
hum..
(ouais, en fait, je déteste vraiment les « mecs », javoue)
Alors voilà.
Je dois avoir fini, puisque je ne sais plus où j'en suis.
Je voulais simplement te dire, quand même, que ça faisait longtemps que personne d'autre que ma compagne ne m'avait donné envie de parler. Parce que quand même peu de gens posent les bonnes questions. Parce que je nai jamais supporté de parler autrement que pleinement, donc je coupe court à la plupart des conversations dès que je sens pointer la limite de ce que l'autre est capable d'accepter comme concepts sans passer en mode « panique intérieure ma vie s'écroule si tu vas plus loin ».
Avec toi, moins de crainte de t'ébranler, je ne pourrais t'ébranler plus que tu ne t'ébranles, toute seule, parfois dès le lever j'ai l'impression.
Parfois jusqu'au coucher.
Oui, tous ces moments où on a marché, tout seul, ou toute seule, pendant des heures, jusqu'à retrouver un contact avec la terre ferme et sa propre vie. Tous seuls et finalement, à lire les autres, tous ensemble. Avec tous ceux qui ont eu ces moments.
Presque tout le monde, mais peu de gens y retournent.
Parfois ils marchent une, deux fois par vie, et ça suffit à leur faire suffisamment peur pour qu'ils se recalent dans le droit cocon, dans le siphon, oui, la tête dans le sable jusquà la mort
Alors, donc, enfin, dans le champ accessible, un autre courage, une autre courageuse jusqu'au boutiste ?
J'y crois à peine.
Et pourtant oui, et tant mieux. Tant pis parce qu'au fond j'ai eu envie de t'avoir sous les yeux et de te serrer dans mes bras, de te donner immédiatement un flot d'amour pas du tout hippy miel toutes fleurs aucun pays vite oublié. Non, de l'amour bien vrai pour un autre être qui essaie d'être, c'est à dire etc. (d'être pleinement et pragmatiquement vivant en pleine conscience) (sans en crever dans l'instant) (il est trop tentant et répandu de chercher la vie par le raccourci, c'est-à-dire en flirtant avec la mort, cest très impatient et on passe tous par là)
Bref.
Evidemment nous avons des références communes, je passe dessus, dautres que je ne connais pas et que je vais de ce pas chercher, presque certain dy trouver quelque chose dun peu ravigotant
Donc voilà.
Quelque part, merci.
Je suis content.
je retourne à ma solitude.
Je ne sais pas comment ni de quoi on pourrait discuter.
Au fond sûrement qu'on serait d'accords sur tout.
On passerait peut-être du temps à cela, dailleurs, juste pour se rassurer. Ca fait du bien de ne pas être seul à penser des choses.
Mais bon.
« Que se disent deux sages quand ils se rencontrent ? »
« Rien. »
Toutes proportions gardées, cest un peu ma conclusion actuelle sur les rapports humains, et si jai envie de devenir sage, je me rends compte que plus les gens se sont posés de questions, moins jai à leur dire, et plus jai juste envie de leur faire un signe « bonne vie, bonne chance à toi »
Cest un peu dommage, mais on ne peut apporter quelque chose quaux gens moins avancés, et ceux-là, ils prennent sans rien donner en retour, en enfants capricieux et futiles, alors il faut le faire à petite dose, selon ses propres limites, pour ne pas tomber en rancur
Ne pas tomber dans le piège de son propre besoin de donner
Sinon il faut travailler ensemble, ça, ça peut être bien
Se retrouver sur un projet
Se rassembler sur la réaction, toujours nécessaire pour au moins essayer de compenser dans la balance la pesée du pire
Le reste, bof, cest de lanecdote
Je ne sais pas, je naime pas babiller, parler de façon conviviale
Je suis un peu asocial, c'est-à-dire que je fuis les modes normaux de relation sociale
Bref
Donc, quest-ce quon se dirait ?
Beaucoup, peut-être. On creuserait, sinon, et on se ferait avancer tous les deux, etc.
Peut-être.
Ou alors je tomberais vite sur un de ces murs pas encore abattus et auquel tu tiendrais, et il faudrait que très vite je cesse de parler et que je te laisse t'enfuir dans l'autre sens. Ca ne sert à rien de vouloir abattre trop tôt les murs que les autres ne peuvent pas encore abattre de leur pleine force. On pourrait croire que c'est pour leur bien, mais au fond c'est pour soi qu'on veut le faire, parce qu'on sait que si la personne ne dépasse pas ce mur ici et maintenant, il va falloir se séparer et reprendre les distances, et souvent on ne veut pas. Parce qu'on n'a pas vraiment donné gratuitement. Parce qu'on ne veut pas rester tout seul en laissant l'autre indemne face à un mur qu'il n'est pas encore prêt à franchir.
Eh bien tant pis, s'il ne le franchit jamais.
J'ai arrêté de faire un drame de quoi que ce soit.
Tout me révolte mais rien n'est un drame.
Tout est inacceptable dans cette société humaine, mais le monde humain est minuscule, et je refuse de me rendre malade pour lui.
Le bonheur que j'ai trouvé, donc, à la sortie de toutes ces questions auxquelles j'avais passé toute ma vie, une sortie toujours provisoire si elle n'est pas retravaillée. Bonheur et fatalisme. Idéalisme non renié, mais replacé dans son contexte. Dans la distance. Dans l'acceptation des limites des autres, mêmes si elles nous limitent, aussi, par la force des choses, nous-mêmes, dans le cadre imposé de la société. S'extraire de tout cela. S'arracher de l'histoire humaine, de sa propre histoire, et tout pardonner. Pleurer encore, régulièrement, parce que souvent trop c'est trop. Mais pleurer de façon énergétique, pour vider les tensions, en sachant qu'on retombe sur ses pieds, et que de toute façon tout a une fin, même le pire des cauchemars.
Et celui-ci est tout de même un rêve à mi-temps.
Ou tiers-temps. ou dixième, c'est selon.
Bref. Cest pas si mal que ça.
Je voudrais me venger de toutes les lignes que j'ai lues que je ne m'y prendrais pas autrement.
Mais tu fatigues déjà, non ?
Ces écrans d'ordinateur, ça tue les yeux, à force.
Je t'embrasse donc.
Tendrement.
Tout à fait innocemment, donc pas totalement parce que dans l'innocence humaine il y a sa vraie nature, et donc toujours une part (animale) de désir, et que je n'ai jamais expérimenté un sentiment de tendresse ou d'affection qui ne s'accompagne pas d'une forme de désir de lautre
Hum..
Non je ne suis pas un détraqué etc.
J'espère juste pouvoir dire ces choses sans malentendu puisque tu sembles t'interroger dessus parfois
Les relations homme-femme, quest-ce quun homme et une femme etc.
Inévitablement il y a la question du désir, on peut choisir de ne pas en parler. On peut en parler, et la dépasser. On peut tourner autour pendant des années, mais ça existe. Les femmes plaisent aux hommes, et réciproquement, il ne sert à rien de renier linstinct, et toute amitié entre homme et femme recèle ce risque de « complication », le désir émotionnel recelant souvent le désir physique etc. Cest dailleurs pareil entre hommes et entre femmes, il y a une forme de séduction, forcément, lhomosexualité est latente et normale chez tous les être humains, il y a une forme dérotisme assumé ou renié, plaisant ou déplaisant, dans la plupart des relations sociales, y compris familiales, même si lacte concrètement sexuel, ensuite, oriente davantage vers laccouplement mixte, à fin de reproduction. Question dinstinct etc.
mais cest dur à gérer sans faux-semblants parce quavec les tabous environnants ça devient vite un crime, un drame etc., ça touche aux peurs, aux briques fondamentales des « personnalités »
Et puis on a beau tirer sur les faux-semblants des autres, nous sommes tous à double tranchant. Si ce que tu écris me plaît, forcément, mon coeur bat un peu etc. et jaurais de lémotion à te parler
Tout en ayant conscience des impasses raisonnées dans lesquelles je ne m'aventurerais pas
Et dans lidéal, je ten parlerais
Sans entrer dans le jeu inepte mais répandu du flirt adolescent, la séduction fait partie de toutes nos relations, sous une forme ou une autre, il sagit simplement de se lier avec dautres qui nous renvoient une image positive (ou négative si on est un peu maso-névro). Nous sommes des animaux sociaux et nous ny pouvons rien, que renier cet instinct dans le manque et la frustration. (mais, oui, parfois il vaut mieux un manque sain quun assouvissement destructeur etc., il y a une place pour les choix de bon sens partout)
Le désir peut être simplement un aveu de faiblesse, de besoin, un don de soi tel quon est. Il faut apaiser toute sa part dagressivité, cest tout, en traitant lautre comme soi. (ce qui suppose déjà quon se traite, soi-même, sans violence ni agressivité etc., ce qui est rare, déjà)
Bref.
Etc.
Donc finir sur ce que je peux te dire de ce que j'ai reçu, mon petit bilan ?
J'hésite.
A chaque fois que je me laisse tenter je perds la personne, je ne la revois jamais.
Elle me fuit malgré moi. Je deviens dangereux pour la personnalité qu'elle abrite.
La personnalité étant pour ma théorie des choses juste l'assemblage en équilibre précaire de toutes les peurs et limites intellectuelles et physiques du moment.
Donc (etc.) plus on attaque ses propres peurs pour les dépasser, plus on détruit par la dislocation expansive sa propre personnalité. D'où la peur etc. Qui est-on etc. (Quand on perd une limite on perd une mesure, et l'esprit humain a besoin de coller des mesures à presque tout.)
Bref etc.
Je pourrais disserter des heures mais j'ennuie les gens.
Donc te dire ou ne pas te dire ?
Je préfère ne rien dire.
Je trouve ça joli, ce que tu es, ce que tu essaies. Tu es sur le "bon" chemin (c'est horrible de dire ça, tellement crétin). Ouais.. disons le chemin que MOA dans ma quête d'absolu qui essaie juste de ne pas être dupe d'elle-même, je trouve respectable, et que j'aimerais (tout en ayant renoncé pour ma santé mentale à cette envie) que tout le monde ait.
Que tout le monde ait pourquoi ?
Bah... Pour que tout le monde pense enfin comme moi et me foute la paix, travaille au même monde que moi etc.
C'est toujours pareil, il faut se méfier, il y a soi à chaque carrefour de la pensée.
Il faut donc casser de la brique en permanence, et non en produire encore plus - on finit par crever dessous, sinon, pris entre cinquante impasses.
D'où mes résolutions de ne plus parler etc.
Bref.
Oui, enfin, disons que tu es sur un chemin, voilà.
Que tu essaies d'avancer et que je trouve que c'est dommage, quand on est humain, de ne pas essayer d'avancer pendant sa vie
Je me doute que tu es daccord,
Dailleurs je commence à parler avec moi-même
Voilà.
Tout est juste dommage.
Rien n'est un drame.
Rien ne changera rien à rien.
Et en même temps je déteste ce fatalisme de vieux sofa avachi, du moins l'apathie qu'il pourrait suggérer.
Rien ne changera rien à rien, mais que faire d'autre, qu'essayer de toute ses forces de changer ?
Il faut avancer.
Je parle pour moi.
Pour nous.
Bref.
Je termine.
Je vais aller me promener.
Il faisait si beau cet après-midi.
Je vais devoir profiter de la soirée.
Je suis content d'être un peu seul.
Comme ça je serai tellement heureux quand elle reviendra..
Moi, donc, jexpérimente léchange amoureux profond, ce que daucuns taxeront de relation fusionnelle etc parce quils ont besoin détiquette
Cest pas si simple, pas en ce monde, et ça inclut pour moi une expérience dimplication générale (comme pour toi jai limpression), le particulier impliquant l « universel » par définition, bref, expérience sur le sens même et la possibilité dun échange dhumain à humain qui ne soit pas dans une violence tue, subie, latente, bafouée, ou brandie, reniée, inassouvie, mais dans un apaisement réciproque par des « énergies » positives
Cest pas de la métaphysique mystique de bazar, il ny a pas plus concret que la notion dénergie dans les échanges et équilibres relationnels humains
Bref ; je vis avec une femme, et nous avons réussi à bâtir une réelle confiance que nous sommes obligés dentretenir perpétuellement, ce qui la renforce
Pour ça il faut être fondamentalement, c'est-à-dire de plus en plus, honnête
Toujours avouer, savouer, plus et plus
Dire ses faiblesses etc.
Derrière chaque masque il y en a un autre, ou un nouveau etc.
Cest un bon exercice, mais il faut quelquun de confiance, et qui ne craigne pas la « vérité », c'est-à-dire la face abrupte du moment présent, celle qui est souvent socialement et émotionnellement incorrecte ou pénible etc.
Bref.
Donc cest possible.
Malgré les « tentations » (pas au sens religieux etc.)
Et ma très banale tentation à moi, quand je vois des filles un peu seules, ou mal aimées, ce serait de leur donner cet amour entier que je sais donner, pour quelles soient heureuses (et que jéjacule en paix)
Tentation que je fuis, parce quelle me torture, parce quon ne peut se donner entièrement à plusieurs femmes sans commencer à perdre pied. Une femme, déjà, à aimer, à soutenir, un être humain avec tout ce quil subit de bassesses et dagressions extérieures, en sachant quil ny a que soi qui puisse comprendre et soulager la solitude quand la souffrance monte
Etc.
Cest beau, cest fragile, cest contraignant, parfois je voudrais fuir et aimer en dilettante, picorer, faire le libertin, cueillir des fruits à toutes les branches, etc.
Nous sommes tous déchirés.
Il ne faut pas se battre.
Il faut respirer.
Faire au mieux.
Être généreux avec soi.
Sans complaisance.
Etc.
Je suis imparfait.
Mais je ne my arrête pas.
On pourrait sentendre je crois.
Bonne soirée à toi.
Ah oui
Mon bilan cétait simplement
Et tant pis pour les résolutions, parce que cest quand même pas la révélation du siècle..
Que je crois que tu ne taimes pas suffisamment
Cest tout.
Après, voilà.
Je pense que tu as toutes les cartes en main, selon ton histoire personnelle, pour comprendre les tenants et aboutissants de cet équilibre en souffrance
Pour le reste tu es largement assez intelligente pour te rendre compte.
C'est terrible de s'écouter ou de se lire et de se demander pourquoi, mais pourquoi, est-ce qu'on ne s'en tient pas à ses propres résolutions ?
Pourquoi sommes-nous tous aussi cons ?
Dès qu'on entre en contact avec ses semblables, ça ne manque pas.
Au fond je sais pourquoi je n'ai pas pu résister, mais ça ne rend pas la chose faite moins idiote.
Dans le doute il faudrait toujours remettre le choix douteux au lendemain, ne jamais choisir dans l'émotion, et ne jamais être dupe du semblant de raison qui a l'air de se trouver raisonnable alors que ce n'est que de l'émotion qui se juge elle-même pour s'autoriser à céder à son impulsion du moment.
Aujourd'hui je n'aurais pas posté ce commentaire.
Encore un pavé d'inutile, complètement à côté de la plaque, et qui nous embourbe la bicyclette.
Tant pis.
C'était sincère mais stupide.
Efface-le sans regret si tu veux.
Oublie, va, et vit.
Encore un échec !
J'y arriverai, à me taire, un jour, promis...
Veuille simplement agréer l'expression la plus sincèrement amicale de ma sympathie naturelle.
Comments
Comment écrire en une ligne, ou en trente, ce qu'on voudrait dire en une ligne, mais quon pense en cent
vouloir pouvoir
si
comme à l'école, faire un résumé ?
c'est à dire homologuer la chose selon son intellect à soi et celui présumé des autres, tout cadrer, digérer, et repartir « heureux » - c'est-à-dire selon le cas moyen, la normale morne, « rassuré » ?
alors, oui, un peu déstabilisé par toute cette honnêteté, ce déballage pas déballé, cette pudeur impudique etc.
et puis cette vérité que tu recherches, et que tu connais déjà mais qui ne te satisfait pas
un jour, peut-être, savoir s'en contenter?
pas de leçon à donner
je digère encore
tu vis à léchelle humaine
je voudrais dire, et puis comme souvent dès que je veux dire je me dis que quand je dis je perds ce que je dis,
et je me suis promis, à chaque fois que j'ai envie de dire, de parler, je me suis promis de me taire, avec tout le monde sauf une personne, qui m'a choisi
avec les autres ça a presque toujours été une erreur
les autres, celles qu'on se choisit par hasard, brusque élan, autant dire besoin immédiat et donc illusion forcée, acceptée et voulue, etc., comme telle
sur le moment, oui, on a l'impression de vivre un de ces grands moments de vérité, d'échange avec un grand E et son accent qu'on ne sait pas où le mettre tellement c'est une majuscule et quelle s'en passe
sur le moment, oui
on en a besoin
on reconnaît lautre en soi, comme lautre nous reconnaît en lui etc.
mais, à y regarder, combien en a-t-on vécu, de ces moments ?
et qu'est-ce qu'il en reste, finalement ?
Alors, oui, oui, un jour, devenir grand, et cesser d'être dupe, dupe de soi-même, au fond ?
de ses propres idéaux, envies, besoins, ces mécanismes emprunts de frustrations passées et qu'on croit pouvoir, parfois, enfin vaincre, prendre sa revanche, et obtenir ce quon ne pensait plus pouvoir obtenir ?
il faut être prudent, oui etc.
et fataliste, alors ?
accepter limpossibilité ou linutilité de communiquer avec ses propres semblables ?
au fond quest-ce quon recherche ? être vraiment aimé, ou saimer vraiment soi-même ? être accepté des autres pour pouvoir les accepter, être reconnu ? cest de lorgueil, alors, du nombrilisme, ou de lhumanisme et de la sincérité ? on tombe vite à droite ou à gauche, on est toujours à un cheveu de trébucher, même en essayant de bien faire, mais à force on se rend compte que cest pas si grave, les fossés, plus on en a connu moins on les craint, et plus on les évite, et surtout, moins longtemps ils nous freinent
ne jamais traîner sur une erreur, cest de la masturbation noire
on ne dépasse les choses qu'en les acceptant, en acceptant la blessure comme irrémédiable, en cessant, enfin, de courir après le passé
cest vrai que cest beau, sur le moment, les rencontres
Sur le moment, oui, c'est l'ivresse
enfin crever cette Solitude
c'est l'ivresse de ce possible auquel on veut croire : oui, il est possible de communiquer avec un autre être humain de façon honnête, ouverte, sans complaisance ni pour l'un ni pour l'autre, mais avec une infinie bienveillance, une totale confiance, une immense tendresse, juste pour le moment présent, sans ces codes sociaux culturels etc. de camouflages inouïs, pesants, épuisants, inutiles et pourtant tellement omniprésents etc.
Bref.
Toutes ces questions qu'évidemment quand on est honnête on se pose, parce qu'il faut bien passer par ces années d'exorcisme, presque, d'exorcisme des horreurs sociales et culturelles qui nous ont fait devenir ce machin humain qu'on fuit, qu'on hait, qu'on défend d'autant plus que les autres, pareils que nous tellement on les comprend, pourraient nous voir et nous attaquer, aussi, nous vendre etc.
Attaque, défenses, rôles sociaux etc.
Codes.
Se désincarner de l'apparente incarnation de toutes ces idées morales et extérieures, conditionnements etc. dans un corps qui au fond sait très bien sen passer
Se désincarner c'est-à-dire en le dépassant, sans le renier etc.
je mets etc. pour toutes les notions dont je subodore sans peine que nous les partageons et qu'elles recouvrent grosso modo la même grande panelle avariée de mots et concepts sur lesquels on pourrait, si on était philosophes et moins pragmatistes, passer des vies en définitions exactes et controverses
Donc..
Alors..
je t'imite, et je me perds un peu,
tu as la même manière très familière et que je reconnais, que j'ai connue, de se connaître, de sexplorer, s'exprimer à l'extérieur de soi pour se désincarner, exorciser ce corps qui ne nous a rien fait, mais qui héberge toute ces souffrances inutiles qu'on a créées malgré soi en s'imprégnant de tout ce qui entoure
la nature de lhomme cest lappropriation par limitation etc.
pour le meilleur et le pire, quand le système qui nous entoure est aussi barbare que le pire de ce que nous abritons en nous-même
Bref, la quête, oui, enfin devenir.
Sur ce chemin-là on croise des gens.
Avec qui on s'entend, on se comprend, oui, et c'est beau, entre tous ces pavés de solitude, de partager un moment
On sait que ça ne dure pas longtemps, mais à chaque fois, moi, je me laissais prendre, parce que ça fait du bien, et c'est un bien que je ne renie pas, même si toutes ces rencontres finissent jusqu'à présent, toujours, en eau de boudin, impasse de perte de vue subie, même pas révoltante, acceptée avec tendresse à chaque fois pour une personne qui nous a ému et à qui on a donné tout ce qu'on était, tout ce qu'on pensait, une, ou quelques fois
Bref, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu envie de partager cela
et puis voilà
te voilà
jai un peu envie de tendre la main, simplement, et en même temps...
Je ne suis même pas sûr que tu seras réceptive
Enfin..
C'est gratuit, cela dit
j'aimerais etc.
j'aimerais que tu me connaisses et que nous partagions un de ces moments où tout est évident, plus rien nest grave,
et où tu te sentirais moins seule, acceptée et comprise et appréciée
je sais que ce serait possible
quon se rencontre et quon dise, soulagés : OK, bas les masques !
je crois en même temps que le fait de técrire rendra cela impossible
donc peut-être que je fais exprès pour que ça narrive pas,
parce que ça nirait peut-être encore pas très loin
que je serais un peu déçu etc.
parce que ça irait peut-être trop loin,
et que je suis déjà engagé et que je ne saurais pas le gérer
je sais quen me voyant tu aurais confiance
enfin je crois
jen suis à peu près sûr
parce que je ne triche pas et quon voit clair en moi quand on veut
et jaimerais quon se rencontre, et que tu saches que tout ce que je donne est gratuit, sans avoir à le prouver pendant cinq ans de bons et loyaux services
et que je le sais parce que ça m'a blessé quand je croyais que ça l'était mais que ça ne l'était pas
maintenant que ça ne me blesse plus de ne rien recevoir, je sais que ça devient enfin, un peu généreux
Je deviens, enfin, un peu généreux.
C'est à dire que je n'ai plus seulement envie de l'être, mais que j'arrive à être suffisamment heureux pour ne rien attendre des autres
En même temps je m'en éloigne, avec fatalisme
Je ne trouve personne avec qui construire, le groupe est inévitable et désespérant
Tout ce que tu décris et partage, je lai en partie vécu, à ma façon, disons que la dynamique et létat en résultant me sont familiers
j'aurais certainement pu le vivre, aussi, femme ou homme ça fait quelques temps maintenant que je ne fais plus trop de différence, intellectuelle du moins, je crois comprendre aussi bien, ou aussi mal mais autant, les unes que les autres, tout en préférant, légèrement, relativement, le modèle socio-culturel des unes, à celui, agressif et simulant, des autres
hum..
(ouais, en fait, je déteste vraiment les « mecs », javoue)
Alors voilà.
Je dois avoir fini, puisque je ne sais plus où j'en suis.
Je voulais simplement te dire, quand même, que ça faisait longtemps que personne d'autre que ma compagne ne m'avait donné envie de parler. Parce que quand même peu de gens posent les bonnes questions. Parce que je nai jamais supporté de parler autrement que pleinement, donc je coupe court à la plupart des conversations dès que je sens pointer la limite de ce que l'autre est capable d'accepter comme concepts sans passer en mode « panique intérieure ma vie s'écroule si tu vas plus loin ».
Avec toi, moins de crainte de t'ébranler, je ne pourrais t'ébranler plus que tu ne t'ébranles, toute seule, parfois dès le lever j'ai l'impression.
Parfois jusqu'au coucher.
Oui, tous ces moments où on a marché, tout seul, ou toute seule, pendant des heures, jusqu'à retrouver un contact avec la terre ferme et sa propre vie. Tous seuls et finalement, à lire les autres, tous ensemble. Avec tous ceux qui ont eu ces moments.
Presque tout le monde, mais peu de gens y retournent.
Parfois ils marchent une, deux fois par vie, et ça suffit à leur faire suffisamment peur pour qu'ils se recalent dans le droit cocon, dans le siphon, oui, la tête dans le sable jusquà la mort
Alors, donc, enfin, dans le champ accessible, un autre courage, une autre courageuse jusqu'au boutiste ?
J'y crois à peine.
Et pourtant oui, et tant mieux. Tant pis parce qu'au fond j'ai eu envie de t'avoir sous les yeux et de te serrer dans mes bras, de te donner immédiatement un flot d'amour pas du tout hippy miel toutes fleurs aucun pays vite oublié. Non, de l'amour bien vrai pour un autre être qui essaie d'être, c'est à dire etc. (d'être pleinement et pragmatiquement vivant en pleine conscience) (sans en crever dans l'instant) (il est trop tentant et répandu de chercher la vie par le raccourci, c'est-à-dire en flirtant avec la mort, cest très impatient et on passe tous par là)
Bref.
Evidemment nous avons des références communes, je passe dessus, dautres que je ne connais pas et que je vais de ce pas chercher, presque certain dy trouver quelque chose dun peu ravigotant
Donc voilà.
Quelque part, merci.
Je suis content.
je retourne à ma solitude.
Je ne sais pas comment ni de quoi on pourrait discuter.
Au fond sûrement qu'on serait d'accords sur tout.
On passerait peut-être du temps à cela, dailleurs, juste pour se rassurer. Ca fait du bien de ne pas être seul à penser des choses.
Mais bon.
« Que se disent deux sages quand ils se rencontrent ? »
« Rien. »
Toutes proportions gardées, cest un peu ma conclusion actuelle sur les rapports humains, et si jai envie de devenir sage, je me rends compte que plus les gens se sont posés de questions, moins jai à leur dire, et plus jai juste envie de leur faire un signe « bonne vie, bonne chance à toi »
Cest un peu dommage, mais on ne peut apporter quelque chose quaux gens moins avancés, et ceux-là, ils prennent sans rien donner en retour, en enfants capricieux et futiles, alors il faut le faire à petite dose, selon ses propres limites, pour ne pas tomber en rancur
Ne pas tomber dans le piège de son propre besoin de donner
Sinon il faut travailler ensemble, ça, ça peut être bien
Se retrouver sur un projet
Se rassembler sur la réaction, toujours nécessaire pour au moins essayer de compenser dans la balance la pesée du pire
Le reste, bof, cest de lanecdote
Je ne sais pas, je naime pas babiller, parler de façon conviviale
Je suis un peu asocial, c'est-à-dire que je fuis les modes normaux de relation sociale
Bref
Donc, quest-ce quon se dirait ?
Beaucoup, peut-être. On creuserait, sinon, et on se ferait avancer tous les deux, etc.
Peut-être.
Ou alors je tomberais vite sur un de ces murs pas encore abattus et auquel tu tiendrais, et il faudrait que très vite je cesse de parler et que je te laisse t'enfuir dans l'autre sens. Ca ne sert à rien de vouloir abattre trop tôt les murs que les autres ne peuvent pas encore abattre de leur pleine force. On pourrait croire que c'est pour leur bien, mais au fond c'est pour soi qu'on veut le faire, parce qu'on sait que si la personne ne dépasse pas ce mur ici et maintenant, il va falloir se séparer et reprendre les distances, et souvent on ne veut pas. Parce qu'on n'a pas vraiment donné gratuitement. Parce qu'on ne veut pas rester tout seul en laissant l'autre indemne face à un mur qu'il n'est pas encore prêt à franchir.
Eh bien tant pis, s'il ne le franchit jamais.
J'ai arrêté de faire un drame de quoi que ce soit.
Tout me révolte mais rien n'est un drame.
Tout est inacceptable dans cette société humaine, mais le monde humain est minuscule, et je refuse de me rendre malade pour lui.
Le bonheur que j'ai trouvé, donc, à la sortie de toutes ces questions auxquelles j'avais passé toute ma vie, une sortie toujours provisoire si elle n'est pas retravaillée. Bonheur et fatalisme. Idéalisme non renié, mais replacé dans son contexte. Dans la distance. Dans l'acceptation des limites des autres, mêmes si elles nous limitent, aussi, par la force des choses, nous-mêmes, dans le cadre imposé de la société. S'extraire de tout cela. S'arracher de l'histoire humaine, de sa propre histoire, et tout pardonner. Pleurer encore, régulièrement, parce que souvent trop c'est trop. Mais pleurer de façon énergétique, pour vider les tensions, en sachant qu'on retombe sur ses pieds, et que de toute façon tout a une fin, même le pire des cauchemars.
Et celui-ci est tout de même un rêve à mi-temps.
Ou tiers-temps. ou dixième, c'est selon.
Bref. Cest pas si mal que ça.
Je voudrais me venger de toutes les lignes que j'ai lues que je ne m'y prendrais pas autrement.
Mais tu fatigues déjà, non ?
Ces écrans d'ordinateur, ça tue les yeux, à force.
Je t'embrasse donc.
Tendrement.
Tout à fait innocemment, donc pas totalement parce que dans l'innocence humaine il y a sa vraie nature, et donc toujours une part (animale) de désir, et que je n'ai jamais expérimenté un sentiment de tendresse ou d'affection qui ne s'accompagne pas d'une forme de désir de lautre
Hum..
Non je ne suis pas un détraqué etc.
J'espère juste pouvoir dire ces choses sans malentendu puisque tu sembles t'interroger dessus parfois
Les relations homme-femme, quest-ce quun homme et une femme etc.
Inévitablement il y a la question du désir, on peut choisir de ne pas en parler. On peut en parler, et la dépasser. On peut tourner autour pendant des années, mais ça existe. Les femmes plaisent aux hommes, et réciproquement, il ne sert à rien de renier linstinct, et toute amitié entre homme et femme recèle ce risque de « complication », le désir émotionnel recelant souvent le désir physique etc. Cest dailleurs pareil entre hommes et entre femmes, il y a une forme de séduction, forcément, lhomosexualité est latente et normale chez tous les être humains, il y a une forme dérotisme assumé ou renié, plaisant ou déplaisant, dans la plupart des relations sociales, y compris familiales, même si lacte concrètement sexuel, ensuite, oriente davantage vers laccouplement mixte, à fin de reproduction. Question dinstinct etc.
mais cest dur à gérer sans faux-semblants parce quavec les tabous environnants ça devient vite un crime, un drame etc., ça touche aux peurs, aux briques fondamentales des « personnalités »
Et puis on a beau tirer sur les faux-semblants des autres, nous sommes tous à double tranchant. Si ce que tu écris me plaît, forcément, mon coeur bat un peu etc. et jaurais de lémotion à te parler
Tout en ayant conscience des impasses raisonnées dans lesquelles je ne m'aventurerais pas
Et dans lidéal, je ten parlerais
Sans entrer dans le jeu inepte mais répandu du flirt adolescent, la séduction fait partie de toutes nos relations, sous une forme ou une autre, il sagit simplement de se lier avec dautres qui nous renvoient une image positive (ou négative si on est un peu maso-névro). Nous sommes des animaux sociaux et nous ny pouvons rien, que renier cet instinct dans le manque et la frustration. (mais, oui, parfois il vaut mieux un manque sain quun assouvissement destructeur etc., il y a une place pour les choix de bon sens partout)
Le désir peut être simplement un aveu de faiblesse, de besoin, un don de soi tel quon est. Il faut apaiser toute sa part dagressivité, cest tout, en traitant lautre comme soi. (ce qui suppose déjà quon se traite, soi-même, sans violence ni agressivité etc., ce qui est rare, déjà)
Bref.
Etc.
Donc finir sur ce que je peux te dire de ce que j'ai reçu, mon petit bilan ?
J'hésite.
A chaque fois que je me laisse tenter je perds la personne, je ne la revois jamais.
Elle me fuit malgré moi. Je deviens dangereux pour la personnalité qu'elle abrite.
La personnalité étant pour ma théorie des choses juste l'assemblage en équilibre précaire de toutes les peurs et limites intellectuelles et physiques du moment.
Donc (etc.) plus on attaque ses propres peurs pour les dépasser, plus on détruit par la dislocation expansive sa propre personnalité. D'où la peur etc. Qui est-on etc. (Quand on perd une limite on perd une mesure, et l'esprit humain a besoin de coller des mesures à presque tout.)
Bref etc.
Je pourrais disserter des heures mais j'ennuie les gens.
Donc te dire ou ne pas te dire ?
Je préfère ne rien dire.
Je trouve ça joli, ce que tu es, ce que tu essaies. Tu es sur le "bon" chemin (c'est horrible de dire ça, tellement crétin). Ouais.. disons le chemin que MOA dans ma quête d'absolu qui essaie juste de ne pas être dupe d'elle-même, je trouve respectable, et que j'aimerais (tout en ayant renoncé pour ma santé mentale à cette envie) que tout le monde ait.
Que tout le monde ait pourquoi ?
Bah... Pour que tout le monde pense enfin comme moi et me foute la paix, travaille au même monde que moi etc.
C'est toujours pareil, il faut se méfier, il y a soi à chaque carrefour de la pensée.
Il faut donc casser de la brique en permanence, et non en produire encore plus - on finit par crever dessous, sinon, pris entre cinquante impasses.
D'où mes résolutions de ne plus parler etc.
Bref.
Oui, enfin, disons que tu es sur un chemin, voilà.
Que tu essaies d'avancer et que je trouve que c'est dommage, quand on est humain, de ne pas essayer d'avancer pendant sa vie
Je me doute que tu es daccord,
Dailleurs je commence à parler avec moi-même
Voilà.
Tout est juste dommage.
Rien n'est un drame.
Rien ne changera rien à rien.
Et en même temps je déteste ce fatalisme de vieux sofa avachi, du moins l'apathie qu'il pourrait suggérer.
Rien ne changera rien à rien, mais que faire d'autre, qu'essayer de toute ses forces de changer ?
Il faut avancer.
Je parle pour moi.
Pour nous.
Bref.
Je termine.
Je vais aller me promener.
Il faisait si beau cet après-midi.
Je vais devoir profiter de la soirée.
Je suis content d'être un peu seul.
Comme ça je serai tellement heureux quand elle reviendra..
Moi, donc, jexpérimente léchange amoureux profond, ce que daucuns taxeront de relation fusionnelle etc parce quils ont besoin détiquette
Cest pas si simple, pas en ce monde, et ça inclut pour moi une expérience dimplication générale (comme pour toi jai limpression), le particulier impliquant l « universel » par définition, bref, expérience sur le sens même et la possibilité dun échange dhumain à humain qui ne soit pas dans une violence tue, subie, latente, bafouée, ou brandie, reniée, inassouvie, mais dans un apaisement réciproque par des « énergies » positives
Cest pas de la métaphysique mystique de bazar, il ny a pas plus concret que la notion dénergie dans les échanges et équilibres relationnels humains
Bref ; je vis avec une femme, et nous avons réussi à bâtir une réelle confiance que nous sommes obligés dentretenir perpétuellement, ce qui la renforce
Pour ça il faut être fondamentalement, c'est-à-dire de plus en plus, honnête
Toujours avouer, savouer, plus et plus
Dire ses faiblesses etc.
Derrière chaque masque il y en a un autre, ou un nouveau etc.
Cest un bon exercice, mais il faut quelquun de confiance, et qui ne craigne pas la « vérité », c'est-à-dire la face abrupte du moment présent, celle qui est souvent socialement et émotionnellement incorrecte ou pénible etc.
Bref.
Donc cest possible.
Malgré les « tentations » (pas au sens religieux etc.)
Et ma très banale tentation à moi, quand je vois des filles un peu seules, ou mal aimées, ce serait de leur donner cet amour entier que je sais donner, pour quelles soient heureuses (et que jéjacule en paix)
Tentation que je fuis, parce quelle me torture, parce quon ne peut se donner entièrement à plusieurs femmes sans commencer à perdre pied. Une femme, déjà, à aimer, à soutenir, un être humain avec tout ce quil subit de bassesses et dagressions extérieures, en sachant quil ny a que soi qui puisse comprendre et soulager la solitude quand la souffrance monte
Etc.
Cest beau, cest fragile, cest contraignant, parfois je voudrais fuir et aimer en dilettante, picorer, faire le libertin, cueillir des fruits à toutes les branches, etc.
Nous sommes tous déchirés.
Il ne faut pas se battre.
Il faut respirer.
Faire au mieux.
Être généreux avec soi.
Sans complaisance.
Etc.
Je suis imparfait.
Mais je ne my arrête pas.
On pourrait sentendre je crois.
Bonne soirée à toi.
Ah oui
Mon bilan cétait simplement
Et tant pis pour les résolutions, parce que cest quand même pas la révélation du siècle..
Que je crois que tu ne taimes pas suffisamment
Cest tout.
Après, voilà.
Je pense que tu as toutes les cartes en main, selon ton histoire personnelle, pour comprendre les tenants et aboutissants de cet équilibre en souffrance
Pour le reste tu es largement assez intelligente pour te rendre compte.
Bises
Jespère que je ne tai pas importunée.
C'est terrible de s'écouter ou de se lire et de se demander pourquoi, mais pourquoi, est-ce qu'on ne s'en tient pas à ses propres résolutions ?
Pourquoi sommes-nous tous aussi cons ?
Dès qu'on entre en contact avec ses semblables, ça ne manque pas.
Au fond je sais pourquoi je n'ai pas pu résister, mais ça ne rend pas la chose faite moins idiote.
Dans le doute il faudrait toujours remettre le choix douteux au lendemain, ne jamais choisir dans l'émotion, et ne jamais être dupe du semblant de raison qui a l'air de se trouver raisonnable alors que ce n'est que de l'émotion qui se juge elle-même pour s'autoriser à céder à son impulsion du moment.
Aujourd'hui je n'aurais pas posté ce commentaire.
Encore un pavé d'inutile, complètement à côté de la plaque, et qui nous embourbe la bicyclette.
Tant pis.
C'était sincère mais stupide.
Efface-le sans regret si tu veux.
Oublie, va, et vit.
Encore un échec !
J'y arriverai, à me taire, un jour, promis...
Veuille simplement agréer l'expression la plus sincèrement amicale de ma sympathie naturelle.